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La misère s’étale au grand jour

Dimanche 18 novembre 2018

 

Sujets abordés :

  1. « L’itinérance mémorielle » de Jupiter, un fiasco.
  2. 17 novembre : la révolte des « gueux »
  3. Marseille compte ses morts, chronique de la misère ordinaire
  4. Les États-désUnis, la démocratie américaine se porte bien

 

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  1. « L’itinérance mémorielle » de Jupiter, un fiasco.

L’affaire avait été préparée depuis longtemps. Pensez donc, le centenaire de l’armistice de 1918, ce n’est pas tous les jours et, le moins que l’on puisse dire, c’est que la date en était connue : 11 novembre 2018. Du côté de l’Élysée, les « crânes d’œufs » et communicants divers avaient donc planché. Et, comme l’on sait, quand ces gens-là travaillent, ça bouillonne d’idées nouvelles… Rien que le mot : « itinérance mémorielle » pour désigner une promenade du monarque républicain en province, pardon, « en région », mieux encore, « les territoires ». On se pince rien qu’à l’énoncé de ces pseudo-concepts fruits de la langue de bois médiatico-managériale dont les français rigolent quand ils en comprennent le sens… Une semaine donc au cours de laquelle notre foutriquet devait se montrer, distribuant les grâces, voire l’onction… Mais, voilà, d’une part la guerre de 14, la « der des der » n’est plus qu’un lointain souvenir. Ceux qui l’ont connue sont maintenant trépassés, tout juste reste-t-il encore certains de leurs enfants, et encore, si peu… De sorte que, ce qui devait être un grand moment d’unité nationale marqué par des cérémonies « itinérantes » se transforme en un chemin de croix. Car, ce que les « penseurs » élyséens avaient oublié, c’est que cette itinérance devait se dérouler en des « territoires » sinistrés où règnent misère et malheur, chômage et désespérance. De sorte que chaque fois que Jupiter a voulu rencontrer la population, il a eu droit à des remarques acerbes, des quolibets, des cris, de la fureur. Et, en plus, voilà qu’il lui prend d’en rajouter. Qu’il envisage rien moins que de réhabiliter Pétain, du moins de le célébrer comme les autres maréchaux, tentant d’expliquer, comme l’avaient fait avant lui de Gaulle ou Chirac, que l’on pouvait distinguer le Pétain de la guerre de 14, artisan de la victoire, de celui de la défaite de 40. Mais voilà, pas ça, pas lui ! Et Jean-Luc Mélenchon de rappeler que « Pétain est un traître et un antisémite » et la polémique d’enfler jusqu’à enterrer celui qui l’avait suscitée. Que dire aussi, alors qu’il était censé parler au pays de la guerre de 14 et de ce 11 novembre qui en célébrait la fin, de ces références aux années trente. Quel rapport ! Quelle singulière confusion, tout ça pour tenter de refaire le coup de la lutte que se livreraient aujourd’hui les « nationalistes » d’une part, et les « progressistes » de l’autre, dont, lui, Emmanuel Macron, serait le héros !

 

Alors, oui, il aurait fallu parler de la guerre de 14, de cette immense « boucherie », de cette « saignée » qui marqua profondément l’Europe, qui enterra le « système westphalien », qui généra des révolutions et, in fine, une 2nde guerre mondiale, le communisme, le nazisme, le fascisme, les « totalitarismes » au sens qu’en donne Hannah Arendt, etc. Et puis, il eut fallu revenir sur les causes de cette guerre, réfléchir au système des alliances qui y conduisit. Il eut peut-être fallu rappeler que cette guerre ne fut possible que parce que les gouvernants la décidèrent quand, contrairement à la légende, on eut bien des peines à envoyer la jeunesse s’y faire enrôler. C’est la gendarmerie qui, dans notre pays, eut le rôle de rabatteur dans les campagnes… Parler aussi de ceux qui, au risque de leur vie, se refusèrent à la faire, voire même « fraternisèrent » au grand dam de leurs chefs qui les firent fusiller, les Pétain et consorts. Bref, faire de l’Histoire et pas de la récupération politique. Mais de cela, Emmanuel Macron et son « premier cercle » sont manifestement incapables. Ils se pensent « cultivés » quand, en réalité ils ne disposent que d’un simple « vernis » fait de fiches apprises à la hâte pour quelque concours.

 

Bref, ce qui devait être un moment de « communion nationale » se transforma, au fil des jours en un fiasco. Un de plus… Et, cerise sur le gâteau, voilà que pour le 11 novembre, avec tous les chefs d’États réunis, on concocte un « forum pour la paix » qui réunit tous les chefs d’État des pays qui se distinguent par… leurs ventes d’armes ! Seul absent de marque, le « perruqué » qui occupe la Maison Blanche qui, sans doute, avait bien compris l’inutilité d’une telle réunion et avait préféré regagner ses pénates. Bref, un « non-événement » dont on retiendra, au prix d’un effort louable, qu’il y fut question de « défense européenne », ce pitoyable et invraisemblable serpent de mer qui a à peu près autant de chances de voir le jour que n’a le Pape de se marier… Quant à cette autre initiative sur une assemblée qui réunirait 50 députés français et 50 députés allemands en vue de réviser le traité de l’Élysée scellé en 1963, on se pince, on pouffe. Ces gens-là ne comprennent décidément rien à l’époque qu’ils vivent.

 

 

  1. 17 novembre : la révolte des « gueux »

Pendant que tous nos gouvernants tentaient de « commémorer » comme on l’a vu, la France, la vraie, celle qui « n’est rien » s’activait, se préparait à cette journée du 17 novembre. Ce qui n’était qu’une pétition massivement signée se transformait au fil des jours en une bonne grosse révolte. Les médias, comme de coutume, ont tenté de jeter le discrédit sur cette « populeuse » initiative. Marine Le Pen fur ainsi invitée à venir s’exprimer sur la radio du pouvoir, France inter. Les éditorialistes de profession ne manquèrent jamais de souligner le « flou des revendications », le caractère méprisable du prix du carburant, de monter en épingle les déclarations de Marine Le Pen ou Nicolas Dupont-Aignan, son allié de 2nd tour de la présidentielle. Bref, tout fut mis en œuvre pour déconsidérer le mouvement. On invita également des dirigeants syndicaux à s’exprimer. Laurent Berger fut conforme à ce qu’on pouvait attendre de lui. Mais, on entendit aussi Philippe Martinez, de la CGT, exprimer ses réserves. Certes, il comprenait mais, non, il ne pouvait pas en être. Pourquoi ? Parce que trop de proximité avec l’extrême-droite…

 

Du côté de la France insoumise, l’opposition « de gauche » à Emmanuel Macron, il y eut en interne un certain flou. Les uns, les plus « écolo », c’est-à-dire ceux qui se fichent comme d’une guigne des revendications sociales, ne songent qu’à « sauver la planète », en dignes héritiers d’EELV, mettaient en avant le caractère méprisable de cette affaire de carburant. Heureusement, Jean-Luc Mélenchon et François Ruffin surent remettre quelques pendules à l’heure, rappeler à tous les « insoumis » que la hausse des prix du carburant n’est rien de plus qu’une charge supplémentaire pour des gens qui n’ont d’autre choix que d’user de leur véhicule dans la vie de tous les jours, pour faire les courses, aller au travail, etc. Et que, s’il fallait trouver de l’argent pour réaliser la « transition écologique », il ne fallait pas aller le chercher dans les poches des pauvres mais dans celles de ceux à qui Emmanuel Macron a redonné 4 milliards rien qu’avec la suppression de l’ISF, sans parler des dizaines de milliards du CICE. Bref, on se ressaisit de sorte qu’à la veille de ce 17 novembre, en dehors de LREM et de ses alliés naturels façon Juppé, d’écologistes indécrottables façon EELV, tout le reste de l’échiquier politique, y compris le PS, ou ce qu’il en reste, a annoncé son soutien au mouvement.

 

Les sondages ne sont sans doute pas pour peu dans nombre de ces ralliements. En dépit de l’intense propagande menée par toutes les officines mainstream, en dépit de l’annonce de mesures gouvernementales destinées à éteindre le feu, il se trouvait encore 74 % des sondés pour avoir une opinion favorable au mouvement des « gilets jaunes ».

On dénombra donc pas moins de 2 300 « points de fixation », autrement de blocages plus ou moins filtrants. Dès lors, il pouvait être difficile de nier la réalité du mouvement, sa profondeur. Et les commentateurs de s’interroger, non sur ce nombre de « blocages » mais sur le nombre de personnes y ayant participé. Le coup très classique du « nombre de manifestants ». BFM s’aventura à dénombrer 125 000 personnes à la mi-journée pour multiplier le résultat par deux à la fin. Petit calcul : ça fait combien par rassemblement ? Niveau cours moyen… 55 ou 110 ! Qui y croit ? Qu’importe ! Une fois de plus, on compte sur l’effet produit : si à peine plus de 200 000 français ont participé, c’est peu. Et, oui, ce serait peu. Sauf que, évidemment, cela ne se peut. Il suffit de voir les images, d’y être allé, ce ne sont pas 50 ou 100 personnes qui se rassemblaient avec leur gilet jaune, c’était largement cinq, six, parfois dix fois plus.

 

Rassemblement de « gilets jaunes » à Dijon

 

Reste, au terme de cette journée « gilets jaunes », à s’interroger sur l’avenir de ce mouvement et la façon dont le pouvoir va s’en sortir, s’il s’en sort…

La force du mouvement c’est que, contrairement à ce qu’ont tenté de faire croire le pouvoir et les médias, ce mouvement n’est en rien « manipulé », dirigé par un quelconque parti ou organisation. Ni de droite, d’extrême-droite ou de gauche. En son sein cohabitent, en gros, la population qui a dit non au TCE en 2005, « Ceux d’en bas », « ceux qui ne sont rien ». Côté revendicatif, tout le monde a bien compris que l’affaire de la hausse du carburant n’est que « la goutte d’eau qui fait déborder le vase ». Le mouvement va-t-il s’organiser ? Se donner des représentants ? Confectionner un « cahier de doléances », avec des objectifs clairs ? Ces objectifs vont-ils également avoir un caractère politique ? Les manifestants scandent aisément « Macron, démission ! » et certains porte-paroles entendus ici et là vont jusqu’à demander la dissolution de l’Assemblée nationale. Bref, ce mouvement « spontané » va-t-il se donner des fins et des moyens ou bien, une fois le 17 passé, avec éventuellement quelques « répliques », comme on dit en sismologie, va-t-il rentrer dans le rang tel le fleuve dans son lit ?

 

Côté pouvoir, bien sûr, on va jouer la montre. Les mesures annoncées, telles le chèque de 20 € aux plus nécessiteux ou la prime à l’achat d’un véhicule plus récent n’ont eu que peu d’effet. En outre, les caisses sont vides dès lors qu’il est hors de question de reprendre ce qu’on a donné à ceux qui « sont tout ». Et, donc, on va mimer, ici et là, quelques « concertations » aussi creuses que celles que l’on a connues par le passé avec les organisations syndicales sur la loi travail. Des réunions pour rien qui n’ont d’autre but que d’afficher une volonté de dialoguer… sans rien concéder de tangible et avec le secret espoir que le mouvement s’essouffle, que, les fêtes de fin d’année arrivant et les vicissitudes de la vie aidant, tous ces gilets jaunes rentrent dans le rang, se découragent.

 

Une remarque, au passage : ce sont les mêmes qui aujourd’hui se plaignent de voir un mouvement s’auto-organiser ou qui lui reprochent de ne pas être organisé qui, hier, refusaient de discuter sérieusement avec les « corps intermédiaires », les syndicats, fussent-ils très modérés – et c’est un euphémisme – telles la CFDT ou l’UNSA. Ou comment s’étonner et se plaindre de ce que l’on a soi-même initié… Le « peuple » a bien compris que les traditionnelles manifestations, entre Bastille et République à Paris ou du Vieux Port à la Place de la Castellane à Marseille, ne servaient à rien. Des millions de personnes en ont fait la cruelle expérience. Ne jamais rien céder est le plus sûr moyen de voir un jour arriver une vague si forte qu’elle emporte tout. « C’est une révolte ? Non, Sire, c’est une révolution ! » répondit La Rochefoucauld en son temps. Vue de l’esprit ? Peut-être, peut-être pas… et, quoi qu’il en advienne, ce mouvement laissera des traces, dans les têtes, dans les cœurs, dans les isoloirs…

 

  1. Marseille compte ses morts, chronique de la misère ordinaire

Trois immeubles s’écroulent et la France apprend avec consternation que la deuxième ville de France vit avec des immeubles insalubres, que 100 000 marseillais vivent dans des taudis, en plein centre-ville, là où, traditionnellement, se regroupent d’habitude « la France d’en haut »... sauf à Marseille, qui est restée une ville populaire, autrement dit avec une grande pauvreté. Des morts, des disparus, des immeubles que l’on évacue à la hâte sans souci du devenir de ceux qui y logeaient et une mairie pointée du doigt pour la politique qu’elle mène depuis de très longues années avec, à sa tête, un Jean-Claude Gaudin en fin de course, plus que vieillissant, l’homme de toutes les magouilles, l’héritier et le continuateur de cette politique faite de clientélisme et d’amitiés nauséeuses, de syndicat d’employés communaux corrompu, etc.

 

Et puis, du coup, certains commencent à enquêter, à fouiner, à interroger les habitants de La Plaine, de Noailles. Comment une telle chose est-elle possible ? Comment les écoles de Marseille peuvent-elles être ainsi laissées à l’abandon ? Et on apprend que Marseille et son Maire rêvent d’une ville « comme les autres », comme Paris, avec un centre-ville bien propret et des banlieues lointaines où seraient assignés à résidence « les gueux ». Seulement, voilà, Marseille ne se laisse pas faire et si, de temps en temps, on arrive à mener à bien une rénovation telle celle qu’a connue le quartier du Vieux Port et du Panier voisin, l’entreprise est immense et de longue haleine. Comment chasser tous ces gens pour laisser la place aux promoteurs ? Une solution simple consiste à ne rien faire, autrement dit à cesser de faire quoi que ce soit en faveur des populations qui y vivent, de laisser les immeubles se dégrader au fil des ans. Ainsi en a-t-il été du n°63 qui a été muré et laissé à l’abandon, jusqu’à ce qu’il s’écroule entraînant dans sa chute les deux immeubles voisins, le 65 et 67 de la rue d’Aubagne.

 

 

 

Du coup, sous le coup de l’émotion, les Marseillais se réveillent. Ils multiplient les manifestations. Un hashtag #BalanceTonTaudis apparaît. Une « marche blanche » est organisée, « Gaudin, démission ! » est repris à l’unisson. Au passage de cette manifestation, un balcon s’effondre ! Puis, c’est la « marche de la colère » et des milliers de manifestants qui convergent vers la Mairie. La Police, les baceux interviennent et n’y vont pas avec le dos de la cuiller, de la matraque. Ils « ratonnent » consciencieusement, peu soucieux de distinguer ceux qui manifestaient et ceux qui vaquaient. Pas de détail ! Pas de quartier ! Bien sûr, toutes ces « bavures » passeront inaperçues dans les médias comme si c’était là une attitude normale d’une police républicaine dans un pays démocratique. C’est devenu si commun… Et la mairie qui prend enfin peur et jette à la rue sans préavis plus de 400 habitants de ce quartier, certains trouvant porte close en rentrant du travail, avec des enfants dont on ne sait où les faire dormir, comment les scolariser… Quelle honte, quel mépris !

 

Marche blanche à Marseille – Cours Julien-Vieux Port (10 novembre 2018)

 

Alors, bien sûr, il est trop tôt pour voir ce que seront les conséquences politiques de tout cela. Déjà, certains ignorants de la situation de la ville avaient été surpris de voir Jean-Luc Mélenchon y être candidat et même élu. Sans implantation connue, sans « clientèle », le fait était apparu comme une « anomalie » politique. Sauf que la circonscription dans laquelle il a été élu, la 4ème, regroupe les 1er, 2e, 3e et une partie des 5e et 6e arrondissement autour du Cour Julien. Autrement dit, une circonscription qui a tout à voir avec ce dont nous parlons. Une population dont les techno aiment à souligner les « faibles capacités contributives », avec des immeubles lézardés, du genre de ceux de la rue d’Aubagne. Alors, bien sûr, tout Marseille n’est pas de cet acabit. Dans les quartiers sud, autour du Prado, la vie est belle, les immeubles et leurs habitants ne craignent rien. Les Porsche, les Mercedes et autres Audi y roulent avec assurance. Mais cet îlot de richesse n’est rien moins qu’une anomalie dans la ville, une enclave. Le reste, le centre, le nord avec ses célèbres « quartiers », c’est la misère, la vie difficile, l’habitat insalubre, les « marchands de sommeil », etc. Viendra donc le temps de voir comment ces événements tragiques se traduiront politiquement. Les élections municipales de 2020 seront évidemment le moment de ce constat. Une chose est sure, Gaudin est fini et ceux qui, comme Renaud Muselier, rongent leur frein depuis tant d’années seront de la partie. Ils seront les hérauts du « tout changer pour que rien ne change ». Mais les marseillais se laisseront-ils séduire par ces « marchands du temple » ? Ou bien choisiront-ils de « renverser la table » et, si c’est le cas, qui du RN ou de LFI ramassera la mise ? Jean-Luc Mélenchon pourra-t-il ne pas être candidat, sachant que le non cumul des mandats lui poserait un vrai problème. Ces municipales de Marseille seront évidemment scrutées avec attention. Nous aurons largement l’occasion d’y revenir…

 

  1. Les États-Désunis*, la démocratie américaine se porte bien

Certains aiment à se faire peur. Donald Trump, à leurs yeux, ne serait rien moins qu’un Hitler en puissance (le point Godwin…) Sauf que, voilà, l’Amérique, au sens des USA, n’est pas l’Allemagne et que si l’on peut détester le personnage, sa vulgarité, sa brutalité, si l’on peut haïr Donald Trump pour ces raisons et bien d’autres encore, cela ne fait de lui ni un dictateur, ni un fou. Et s’il est une leçon que donnent les résultats des Midterms, ces élections de mi-mandat, c’est qu’elles sont conformes à toutes celles qui les ont précédées. La Chambre des Représentants, l’équivalent de notre Assemblée nationale, a basculé côté démocrate et le Sénat est resté républicain, la cause de cela étant que le mode de scrutin qui veut que chaque État élisant deux sénateurs, il y a une disparité totale entre le nombre de voix que rassemblent les uns, les Républicains, et les autres, les Démocrates. Il faudrait un tsunami électoral pour que le Sénat devienne démocrate, un peu comme chez nous, d’ailleurs, avec le Sénat français qui n’a eu de majorité de gauche qu’une seule fois en soixante ans de Ve République, en 2011. Avec une différence de taille toutefois, c’est qu’aux États-Unis, le Sénat a un vrai pouvoir législatif quand le nôtre en est réduit à faire de la figuration. Donald Trump a donc, comme quasiment tous les présidents des USA avant lui, perdu les élections intermédiaires. Mais, car il y a un « mais », cela ne l’empêche nullement d’espérer être réélu dans deux ans, bien au contraire et tout comme le fut Barak Obama en 2012. La question est donc de savoir si le Parti démocrate va, dans les deux ans qui viennent, non seulement s’opposer efficacement à Donald Trump mais s’il va être capable de surmonter ses divisions et se donner un.e candidat.e susceptible de gagner, et avec quel programme, sur quelle ligne politique. Beaucoup estimaient en 2014 que Donald Trump était le meilleur candidat possible en ce sens que la victoire d’Hilary Clinton leur semblait ainsi assurée. Ils durent déchanter. D’autres, en doutaient fortement et ont émis l’idée que le seul à même de battre Donald Trump était Bernie Sanders. Ce sont ces deux groupes qui vont s’affronter au sein du Parti démocrate. L’establishment clintonien, si l’on peut dire, ce Parti démocrate qui s’entend si bien avec Wall Street, les magnats de la Silicon Valley, etc., et celui qui va même, pour partie, jusqu’à se déclarer « socialiste », ce qui en terres états-uniennes est quasi synonyme de « communiste », autrement dit une insulte. La bataille qu’ils vont se livrer va être féroce. Hillary Clinton et la direction du Parti démocrate avaient déjà, en leur temps, largement usé et abusé de leur position au sein du parti au point que la chef du parti d’alors, Debbie Wasserman Schultz, avait dû démissionner pour cause de connivence par trop manifeste avec Hillary Clinton (voir ici). Mais, comme au sein du Parti travailliste Britannique avec Jeremy Corbyn, on va voir les élus, l’establishment dont les Clinton sont les effigies faire feu de tout bois pour empêcher cette gauche américaine de gagner, quitte à permettre à Donald Trump de rempiler. Au fond, aux USA comme au Royaume-Uni et, en partie, comme France avec Hollande, les caciques de cette « gauche » qui n’en est pas préfèrent perdre les élections, jusqu’à disparaître comme le PS en France, plutôt que de laisser la main à leurs opposants. En d’autres temps, on eut dit que c’est une sorte de sacrifice sur l’autel des intérêts de la classe dominante qu’ils servent avec dévouement et depuis si longtemps.

 

Quelques figures « montantes » du Parti démocrate, toutes à « gauche »…

 

 

* En référence avec Les États-Désunis, livre publié en 1938 dans lequel Vladimir Pozner (1938), sonde l’âme du peuple américain à l’issue de la « grande dépression » à travers la vie quotidienne de Harlem, les briseurs de grève de l’agence Pinkerton, la guerre des journaux à Chicago, les héros déchus de Hollywood, les grèves violentes dans les mines de Pennsylvanie, John Dos Passos et Waldo Frank, le courrier du cœur et les écrivains publics, le marchand de lacets de Wall Street, les gangsters et les croque-morts...

 

@ suivre…

 

Traditionnel P.S. : j’aurais voulu, au regard de l’actualité récente, dire ici un mot du Brexit, de ses développements, des soucis que rencontre Theresa May, etc. Nul doute qu’un prochain billet en sera l’occasion…

 



18/11/2018
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