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Emmanuel Macron fait feu de tout bois

Dimanche 21 janvier 2018

 

Sujets abordés :

  1. Notre-Dame des Landes…
  2. Éthique : PMA, GPA, etc.
  3. Et pendant ce temps…

 

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  1. Notre-Dame des Landes…

Le terrain avait été préparé. Un rapport de circonstance avait déjà été remis en décembre au premier ministre, rapport qui, sans prendre position, faisait état des avantages et inconvénients des deux solutions envisagées, à savoir la construction du nouvel aéroport vs la modernisation de l’actuel aéroport de Nantes. Chacun avait alors compris que les « médiateurs » en charge de ce rapport penchaient vers la seconde solution. Début janvier, Édouard Philippe s’en était allé préparer le terrain auprès des élus locaux. C’est donc sans réelle surprise qu’il nous a été donné de voir le premier ministre, Édouard Philippe, entouré du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, et du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, annoncer ce mercredi 17, sur le perron de l’Élysée, à la sortie du conseil des ministres, que le gouvernement avait décidé de renoncer à construire l’aéroport de Notre-Dame des Landes, autrement dit de renier la promesse du candidat Macron, de faire fi d’une « consultation populaire » et, accessoirement, de s’asseoir sur l’avis de la grande majorité des élus locaux de la région concernée.

 

 

Tôt le matin, déjà, se sont exprimés ceux à qui cette décision ne plaisait pas. On entendit ainsi Bruno Retailleau, l’ancien responsable LR de la campagne de François Fillon, celui qui nous avait trouvé des centaines de milliers de personnes au Trocadéro, expliquer que l’État jacobin était de retour, qu’il s’agissait là d’un total mépris des élus locaux, etc. Bien évidemment, celui qui depuis très longtemps a porté le projet, l’ancien maire de Nantes et ex-premier ministre de François Hollande, Jean-Marc Ayrault, n’a pas manqué de marquer son mécontentement de voir ainsi son « bébé » abandonné… sans parler du maire de la commune qui aura le bonheur de voir passer les avions au-dessus des têtes de ses administrés.

L’important est évidemment ailleurs. Même si Nicolas Hulot prend bien soin de faire profil bas dans cette affaire, nul ne s’y trompe, c’est bien pour lui, enfin, une victoire politique après tant de couleuvres avalées et avant qu’il n’en avale de nouvelles comme, par exemple, sur le nucléaire… C’est que celui qui apparaît comme la seule « jambe gauche » du gouvernement Macron, celui qui constitue une incontestable « prise de guerre », commençait à se lasser des constantes rebuffades auxquelles il était exposé. Des rumeurs de départ se répandaient. Faute de donner des gages sur le terrain social, Emmanuel Macron a donc choisi le terrain de l’écologie pour afficher la concrétisation de son « en même temps » qui, jusque-là, se résumait à un monologue droitier et patronal. Sacrifier l’accessoire – un aéroport aussi inutile que coûteux – pour conserver l’essentiel semble donc être le choix fait par le président de la République. C’est là un fort joli  « coup politique » qui va permettre de poursuivre dans la voie engagée par les ordonnances, autrement dit de continuer à peu de frais une politique antisociale à laquelle, pour le moment, nul ne parvient à s’opposer.

 

On s’attendait à ce que, conjointement à l’annonce de l’abandon de NDL, le gouvernement fasse preuve de fermeté à l’endroit des « zadistes ». Des forces de « maintien de l’ordre » nombreuses avaient été prépositionnées à cet effet. Surprise, là aussi, instruit de l’expérience du Larzac, ne souhaitant nullement revoir se produire ce qui s’est passé à Sivens avec la mort de Rémi Fraisse, le président de la République a décidé de « donner du temps au temps », autrement dit, plutôt que de « faire le ménage » avec la brutalité d’un Manuel Valls, de faire en sorte que la ZAD se vide naturellement. On voit mal, en effet, comment ceux qui occupent les lieux pourraient aujourd’hui justifier de continuer à le faire. Des discussions entre les zadistes et le pouvoir ont déjà eu lieu et les trois départementales qui traversent la ZAD devraient très rapidement retrouver leur état normal. Quant à ceux qui, depuis une dizaine d’année, occupent les lieux en « cultivant leur jardin », quelle importance ? : qu’ils continuent. L’exemple du Larzac montre qu’en fait ils ne gênent personne. Qu’existe ici et là des « jardins d’Épicure », fussent-ils boueux comme celui de NDL, n’a, en fait, aucun impact politique. Ils ne font jamais tache d’huile. Tout au plus servent-ils à occuper des éléments que l’on ne voudrait pas voir manifester leur contestation de l’ordre social en d’autres lieux, les usines, par exemple. Quant aux plus radicaux, à cette petite armée de violents, ils se lasseront vite de garder un lieu qui n’a plus d’enjeu. D’autres terrains de jeux les attendent et, bien sûr, on songe à l’enfouissement des déchets nucléaires de Bure dans la Meuse. Il faut donc s’attendre à ce que ces « professionnels de la contestation écologique » dont on se demande bien, au passage, de quoi ils vivent, se transportent en ce lieu et que la victoire qui leur a été concédée à NDL ne leur donne de sérieuses raisons de poursuivre là.

 

Dernier aspect, et non des moindres, l’aspect financier. On en a assez peu parlé dans les médias et on sait trop bien pourquoi, mais la construction de NDL était financée dans le cadre d’un « PPP », Partenariat Public-Privé, avec Vinci. UN PPP, comme, en d’autres temps, les merveilleux portiques destinés à collecter de l’écotaxe. On sait ce qu’il en coûta de leur abandon par Ségolène Royal et on apprend que, s’agissant de NDL, si l’accord signé entre Vinci et l’État était appliqué dans toute sa rigueur, ce sont plus de 300 millions d’euros qui devraient être alloués à Vinci. La Cour des comptes, ce repaire de gauchistes, a en décembre 2017 publié un rapport sur les « PPP », avec l’exemple de celui consacré à la construction du nouveau Palais de justice de Paris, rapport assassin qui montre combien sont coûteux pour l’État et les collectivités locales, autrement dit pour le contribuable, vous et moi, ces montages financiers passés avec tous ces champions du CAC40 que sont Vinci et consorts. NDL n’échappe pas à la règle. Des discussions avec Vinci ont déjà commencé, avant même l’annonce de l’abandon. L’État ne manque pas d’arguments pour faire baisser la « douloureuse ». Vinci est en effet engagé sur l’aéroport de Nantes. On peut donc penser que, fort opportunément, le marché public de sa rénovation, la prolongation de la piste entre autre, échoira fort opportunément à Vinci pour peu que celui-ci consente à ne pas faire jouer à plein les termes du PPP de NDL… Et, bien sûr, Vinci ne vivant pour l’essentiel que de commandes publiques, on peut penser que d’autres contrats seront passés dans le même esprit. La concurrence sera priée de regarder ailleurs…

 

Ainsi va la République « colbertiste ». Où l’on voit que loin de faire dans le neuf et le moderne, Emmanuel Macron et sa caste ne font qu’inscrire leurs pas dans de bien anciens sillons…

 

  1. Éthique : PMA, GPA, etc.

 

 

Emmanuel Macron a compris d’une part qu’il convenait de mener au pas de charge, dans la foulée de sa victoire en juin dernier, tout ce qui importait, autrement dit la mise à bas du système social « à la française », de mettre en acte le projet du MEDEF et de la Commission européenne, de faire rentrer dans le rang notre pays à l’heure de la globalisation, d’en finir avec la mise en œuvre du programme du CNR (conseil national de la résistance) ainsi que l’avait dessiné Denis Koestler sur son blog dès 2007 (voir ici). D’autres avant lui s’y sont déjà employés. Instruits de l’expérience de 1995 avec l’échec partiel enregistré par Alain Juppé, ceux qui ont suivi ont compris qu’il fallait y aller par étape. C’est, en quelque sorte, la « politique de la grenouille », celle qui consiste à placer une grenouille dans une casserole d’eau froide et de faire monter graduellement la température. On connaît le résultat : la grenouille ne se sauve pas, elle se laisse anesthésier gentiment jusqu’à cuire totalement.

 

Pendant, donc, que l’on fait monter la température, que l’on réforme par ordonnances le code du travail, par exemple, on multiplie les contre-feux. C’est donc fort opportunément qu’arrivent dans le champ médiatique les questions « sociétales ». Et, bien sûr et comme à chaque fois, ces « chiffons rouges » marchent. C’est que ces questions « accessoires » qui ne concernent en fait qu’un infime minorité de la population, ont le mérite de poser des débats sans fin, des questions « philosophiques », des questions « éthiques » dans lesquelles le quidam moyen a bien du mal à se retrouver et à se faire une idée claire. Le CCNE, Comité consultatif national d’éthique aujourd’hui présidé par Jean-François Delfraissy qui succède à la tête de cette institution à Jean-Claude Ameisen, lance donc une consultation nationale, ainsi que lui en impose la loi, sur une bordée de questions « sociétales » que l’actualité a mise en exergue telle la PMA, la GPA, la levée de l’anonymat des donneurs de sperme, etc. L’espace médiatique va donc durant cette période, autrement dit pendant au moins six mois, être saturé par ces questions. De beaux débats assurément dans lesquels ne manqueront pas de s’exprimer tous les courants politiques, les Églises, les « courants de pensée », les « intellectuels », etc. bref, tout ce que pays compte de « gens importants », cultivés, « sachants »… Le peuple, pendant ce temps, regardera ailleurs. Que les homosexuels aient des enfants ou les fasse faire par d’autres lui importe assez peu. Tout juste aimerait-il que l’on s’occupât sérieusement de « la fin de vie », celle qui menace chacun, ce moment cruel auquel chacun est inexorablement confronté et les conditions dans lesquelles il risque de l’être. En d’autres termes, s’il est une question « sociétale » qui mériterait d’être sérieusement débattue, c’est celle de l’euthanasie, autrement qualifiée de « droit de mourir dans la dignité ». Question sur laquelle, on le sait trop bien, interviennent certes des considérations liées à la souffrance et à la façon de l’éviter mais surtout la question plus cruciale du droit de chacun de maîtriser sa vie jusqu’au bout, autrement dit de la liberté que doit avoir chacun de choisir d’y mettre fin. On sait que, sur cette question, tous ceux qui croient que « la vie est un don de Dieu », une infime minorité de la population en fait, a une position simple et tranchée, c’est celle, constante, de l’Église catholique depuis des siècles : seul celui à qui l’on doit la vie, Dieu, a seul le pouvoir de la reprendre. Mais, comme sur bien d’autres questions « sociétales », dans ce pays déchristianisé, au moins en apparence, ce pays dans lequel plus de la moitié de la population déclare « ne pas croire », la position officielle des évêques et du Pape a peu d’importance. Et même et y compris auprès de tous ceux qui croient encore, comme sur les questions sexuelles, il y beau temps que les positions de l’Église sur le mariage, les préservatifs, etc. leur importent peu. Reste cette idée toutefois c’est que même si la vie n’est pas nécessairement un cadeau de Dieu à qui il faudrait rendre des comptes et confier le soin de décider, il existe un Dieu de substitution, la collectivité, la société, la République. Emmanuel Todd parle à leur propos de « catholiques zombies ». Si le pays n’est plus depuis longtemps « la fille aînée de l’Église », s’il est vrai que les églises sont vides, s’il est vrai que les monastères ne le sont pas moins et que l’Église se voit obligée de faire venir des prêtres de Madagascar et d’ailleurs, le pays n’en est pas moins imprégné de paulinisme depuis des siècles. C’est ce que certains appellent communément « les valeurs chrétiennes de l’Europe ». La révolution, la « grande révolution », celle de 1789, a certes changé le paradigme qui présidait jusqu’alors s’agissant de la superstructure. Emmanuel Macron, notre « monarque républicain », n’est pas le représentant de Dieu, même s’il consent à être « chanoine de Latran »… Mais, dans les tréfonds de la conscience collective, dans les structures familiales par exemple, survivent ce que des siècles ont façonné, ce qui « relie » les peuples au sens de religare qu’on croit être à l’origine du mot religion. La société est donc traversée par des impératifs souvent contradictoires dans lesquelles la « raison » des Lumières françaises du XVIIIe, l’Aufklärung d’Emmanuel Kant, l’Enlightenment des anglo-saxons ont certes à voir mais ne permettent pas, en fait, de surmonter ce qui a présidé à leur conception, autrement une vision idéaliste du monde dans lequel le « ciel des idées pures » reste. Spinoza avec L’Éthique a certes ouvert la voie permettant de mettre à distance Dieu et ceux qui étaient censés être sa voix sur Terre, mais le chemin reste encore long où la morale, ce synonyme abâtardi par des siècles de normes chrétiennes contraignantes et souvent absurdes, sera rangée au rayon des accessoires moyenâgeux pour ne retenir que le souci du bien commun.

 

  1. Et pendant ce temps…

 Pendant que le pays se prépare à d’épiques « sociétaux » débats, les affaires continuent. Comme on le sait, Pimkie a ouvert le bal des RCC – Ruptures conventionnelles collectives – que permettent les ordonnances Macron depuis le 1er janvier. S’il ne s’est pas trouvé une majorité de la représentation des personnels pour lui en donner l’autorisation, ce ne sera pas le cas chez PSA. L’entreprise automobile qui affiche une santé florissante avec des records de ventes et de profits (4 milliards en 2017) a présenté son plan de RCC au dernier comité central d’entreprise. Seule la CGT avec ses 20 % de voix a refusé de donner son aval au plan de licenciements de la direction de PSA. La CFDT, FO, la CGC, la CFTC et la syndicat maison, la GSEA, ex CSL CFT de sinistre mémoire, ont accepté un plan prévoyant 2 200 « départs volontaires » en échange de 1 300 « promesses d’embauche » en CDI. Bien évidemment, et comme souvent avec PSA, il conviendra de voir ce qu’il adviendra de ces promesses qui, comme chacun le sait, ne valent que pour ceux qui y croient… Une chose est sure, avec ce plan, ce sont les « séniors » qui sont visés. Trop coûteux aux yeux de la direction. Autrement dit, et alors que notre pays a l’un des plus faible taux d’emploi des « séniors » des pays comparables au nôtre, alors que chaque réforme des retraites vise à allonger le temps de cotisation, autrement dit alors que s’opère le transfert des retraites sur le chômage, l’une des premières entreprises françaises montre l’exemple de l’utilité des RCC mises en place avec les ordonnances Macron : accentuer encore ce  phénomène délétère qui consiste à réduire au chômage les plus âgés de nos travailleurs. À noter au passage que, bien évidemment, la direction de PSA eut été dans l’incapacité de souscrire aux normes prévalent à un « plan de licenciement collectif » et que, dans ce cadre, elle eut dû payer bien plus largement ceux dont elle veut se séparer, ses vieux « collaborateurs » selon le vocable en cours de nos jours.

 

 

Que 80 % de la représentation des personnels de PSA ait souscrit à un tel plan est évidement une surprise pour ceux qui ignorent comment s’organisent les « relations sociales » au sein de cette entreprise. Comme en témoigne la page détachée d’un cahier à spirale d’un « petit chef » de Sochaux, il ne fait pas bon être à la CGT chez PSA (voir « Entretien embauche - 2 Nouveaux - Parcours intégration anti-CGT. ») Les « volontaires » au départ ne le seront pour la plupart pas. Les « petits chefs » sauront faire comprendre aux récalcitrants que, dans le cadre de leur contrat de travail, il y a toujours moyen de leur rendre la vie impossible. Ces gens-là ont une longue habitude et les malheureux qui auront à y faire face ne sauront compter sur des syndicats dont la complaisance n’est plus à prouver et trouvent intérêt à ce que leur alliance avec la direction fonctionne. Monde cruel pour les plus faibles, monde que, bien sûr, rien ne vient jamais déranger. Nos « journalistes d’investigation » de pacotille et autres « décodeurs » ont d’autres chats à fouetter…

 

En contrepoint et à noter, cette semaine, cet excellent reportage diffusée sur France 2 dans le cadre de Cash investigation présentée par la désormais célèbre Élise Lucet qui, au lendemain de l’affaire de salmonelle dans le lait infantile, met à jour la hiatus qu’il y a entre les 27 milliards d’euros de chiffre d’affaires du secteur et la misère des producteurs laitiers. Que le PDG de Lactalis, le discret, si discret, Emmanuel Besnier, grimpe au classement de Forbes (116ème fortune mondiale avec 16,1 milliards de dollars) pendant que, dans le même temps, se suicident des paysans, rien de bien nouveau, hélas. Que Lactalis s’affranchisse de la loi Sapin qui l’oblige à publier ses comptes, voilà qui est plus étonnant. Mais que l’instance susceptible de la pénaliser pour ce fait et n’en fait rien soit la chambre de commerce de Laval dont le vice-président n’est autre qu’un haut cadre de Lactalis, on applaudit à la performance. Le ministre de l’agriculture, interrogé par Élise Lucet, ne saura que dire son impuissance devant la caméra et affirmer, contre toute évidence, que « nul n’est au-dessus des lois ». On en fut gêné pour lui qui ne le semblait pas trop…

 

Emmanuel Besnier : 8,4 milliards de $ en août 2016, 16,1 aujourd’hui (voir ici) passant ainsi de la 191ème place du classement mondial de Forbes à la 116ème (tout en restant à la 8ème place en France).

 

Surprenante également fut la partie du reportage consacrée à Sodiaal, cette coopérative laitière, deuxième acteur du secteur, « la petite fleur » de Yoplait par exemple, qui ne verse à ses producteurs que 7 % des profits engrangés tandis que le reste, 93 % donc, gonfle année après année, par la grâce d’une procédure appelée « report à nouveau », le trésor de guerre de Sodiaal International dont les avoirs s’élèvent aujourd’hui à plus de 500 millions d’euros via un système compliqué de holdings diverses et de structures financières sis à l’occasion dans le Grand-Duché du Luxembourg. On était là manifestement très loin de l’esprit coopératif qui avait présidé à sa création... et de voir les « producteurs de lait – propriétaires de Sodiaal » se demander crûment « Où est-ce qu’il est ce pognon ? »

 

La "galaxie" Sodiaal...

 

Enfin, dans une troisième partie, le téléspectateur fut convié à aller aux antipodes, au royaume des fermes géantes, en Nouvelle-Zélande. Des milliers de vaches, donc, trois fois plus nombreuses que les habitants, qui mangent de l’herbe sur des terres irriguées à raison de 1000 litres d’eau par litre de lait produit… Des vaches qui pissent du lait, donc, mais aussi qui pissent tout court. Résultat : une véritable catastrophe écologique qui assèche les cours d’eau, produit des algues vertes en énormes quantité pendant que les fermiers, ces « modernes fermiers », s’ils se promènent dans de rutilants 4x4 n’en sont pas moins endettés jusqu’au cou au point de craindre une « crise de la dette » qui s’élève aujourd’hui à 50 milliards de dollars et dont tout laisse à penser qu’elle devrait exploser sous peu, les « rois du lait » étant bien incapables de jamais la rembourser. Et c’est ce modèle que tentent de nous vendre ceux qui n’ont de cesse de nous expliquer que nos paysans ne peuvent rester des hommes des cavernes, se doivent d’être « modernes » et qu’il leur faudrait les imiter et se lancer dans les « fermes de mille vaches »... La FNSEA, comme il fallait s’y attendre, n’est pas la dernière à faire la promotion de ces fermes XXL.

 

Usine à traire : 600 vaches à l’heure…

 

Ceux et celles qui ont manqué cette émission devraient sans tarder la voir ici.

 

Dernier point sur Lactalis : commence à poindre le fait que l’entreprise, quoiqu’ayant connaissance de problème de salmonelle dans son usine de Craon depuis le mois de juin 2017, aurait pour le moins tardé à bloquer la production, que les géants de la distribution, quoiqu’instruits de cas graves déclarés, auraient eux aussi tardé à retirer des rayons les lots fautifs. Enfin, que le ministre des finances, Bruno Le Maire, qui se dit fâché par cette affaire, est le même qui, ministre sous Sarkozy, a fait supprimer des milliers de postes à la DGCCRF, la « répression des fraudes », cet organisme public en charge de contrôler Lactalis et consorts. Bref, cette affaire de lait contaminé pue le fric à plein nez. Autrement dit, loin d’être une petite affaire de négligence de quelque sous-fifre, on commence à comprendre que c’est toute la chaine qui est contaminée… par le profit des uns et les économies budgétaires des autres. Bien évidemment et comme de coutume, on trouvera bien au final quelque lampiste à blâmer. Emmanuel Besnier peut dormir tranquille, nul ne viendra sérieusement lui demander de rendre des comptes. Comme on le sait, ça ne le changera guère, lui qui a pour habitude de n’en jamais rendre…

 

@ suivre…

 

 



21/01/2018
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